dimanche 30 septembre 2012

Tom Cleverley


   Buteur cette semaine face à Newcastle, Tom Cleverley est en train de confirmer toutes les attentes placées en lui. Régulier dans ses performances, que ce soit avec Man U ou en sélection, le jeune mancunien récite patiemment ses gammes, dans l'espoir de s'imposer sur le long terme. Et si c'était lui, le digne successeur de Paul Scholes?

Un lourd chemin de croix

   Mercredi soir, Manchester United accueillait les magpies dans le cadre du troisième tour de la carling cup. Les red devils, comme souvent, l'emportent sur le score de 2 buts à 1. Une soirée comme une autre donc, pour les supporters comme pour le staff. Les hommes de Fergie ont fait le taff, et l'écossais a pu faire tourner. Un joueur cependant, se souviendra surement longtemps de cette rencontre. Tom Cleverley, au club depuis 2000, inscrit son tout premier but sous les couleurs de Man U. Un but qui sonne comme l'avènement de longues années de travail et de patience. Sir Alex le dit lui-même: «Il a progressé lentement au niveau physique, mais il a toujours eu envie. Il a toujours eu une grande compréhension du jeu». Car comme beaucoup avant lui, le natif de Basingstoke s'est fait balader un peu partout en Angleterre avant de pouvoir postuler à une place en équipe première. C'est pourtant très vite, à l'âge de 11 ans, que le jeune Tom commence à claquer ses premières passes dés pour MUFC. Il fait alors partie de l'académie des jeunes. Passé pro en 2009, Cleverley est d'abord envoyé à Leicester. Un prêt qui devra se finir prématurément. Touché à l'épaule lors de la rencontre face à Colchester, il rentre se faire soigner à Manchester pour y subir une intervention chirurgicale. Puis direction Watford un an plus tard. Au sein des hornets (rien à voir avec la ville de la Nouvelle-Orléans), le jeune anglais s'affirme. Prêté à Wigan ensuite, il confirme. Pour ses premiers matchs en Premier League, Tom se met bien et permet aux latics de se maintenir, en inscrivant 4 buts en 25 matchs. De retour à Manchester à l'été 2011, Ferguson lui offre alors la possibilité de le conserver au sein de l'effectif. Cleverley semble entrevoir enfin le bout du tunnel, et va même contribuer à la victoire des siens lors du community shield face au rival éternel, City, en délivrant une passe décisive à Nani. Le gamin a du talent, et Capello semble l'avoir compris. L'italien le convoque pour le match des three lions face aux Pays-Bas.

De la patience et du talent

   Car si l'espoir anglais n'a pas lâché l'affaire comme beaucoup l'aurait fait, c'est qu'il sait qu'il a le potentiel pour s'imposer au très haut niveau. Et il n'est pas le seul. Rappelé par Hogdson en sélection, à la suite d'un tournoi des jeux olympiques concluant, pour affronter la Moldavie dans le cadre des éliminatoires du mondial 2014, Cleverley a régalé. Auteur d'une prestation aboutie au milieu en évoluant meneur de jeu, lui qui d'habitude occupe plutôt un poste de relayeur, il en a convaincu plus d'un. Son coach le premier: "Il est capable de jouer moins en pointe et de reculer pour aller récupérer des ballons. Je crois qu'il est inutile de vouloir lui coller une étiquette. Il est milieu offensif, comme Cesc Fabregas peut l'être". Une comparaison qui en dit beaucoup sur la polyvalence et le potentiel du rookie anglais. Les cadres de Manchester United sont également unanimes quand il s'agit d'évoquer son comportement sur le terrain, comme l'explique Evra: «C'est un joueur fantastique, j'espère qu'il aura de nombreuses opportunités cette saison(...)C'est un mec silencieux, pour ça il ressemble à Scholesy(...) Les joueurs comme lui sont le futur. Il sait qu'il peut nous aider à gagner plus de titres. C'est comme ça que ça se passe à Man United». Celui qui fut nommé joueur de réserve de l'année par son coach de l'époque, Ole Gunnar Solskjaer, le sait: il a les capacités pour devenir un cadre de l'équipe première et écrire une des nombreuses pages de l'histoire du club, à l'image de Roy Keane, Ryan Giggs ou David Beckham avant lui. Surtout, Cleverley a toute les cartes en main pour succéder à Paul Scholes. Reste à savoir s'il en a les épaules.

vendredi 1 juin 2012

Zdeněk Zeman


   À nouveau plongé dans des histoires de matchs truqués qui ont récemment couté à Criscito un euro, le football Italien n'est pas au mieux. Un homme vaut cependant la peine que l'on s'y intéresse. Grâce à lui, Pescara, modeste club abonné à la série B depuis plus de 20 ans et fraîchement champion pour la deuxième fois de son histoire, jouera l'année prochaine dans la cour des grands. Ce qui peut tenir d'un miracle pour certains n'est pour lui qu'un challenge de plus de réussi.

La résurrection


   Lui, c'est Zdeněk Zeman, illustre tacticien qu'on avait un temps cru ne plus jamais revoir sur un banc après qu'il eut annoncé sa volonté d'en finir avec le football en 2008 et une expatriation ratée à l'étoile rouge de Belgrade. Un retour aux sources et un titre plus tard, le prophète semble s'être offert une seconde jeunesse. Sa fontaine de jouvence à lui se trouve à Foggia, club avec lequel il a connu son premier licenciement, d'abord, en 1987, après une expérience réussie à Licata et un titre de série C2. Mais Foggia, c'est aussi et surtout le club qui l'a révélé. En 1989, Zeman se voit offrir une seconde chance, et accepte le poste. Grand bien lui en en prend. En 5 ans, le tchèque va se faire un nom et faire vivre au club ses plus belles années. Après s'être stabilisé en Série B, il offre aux rouges et noirs le titre. S'en suivent de belles années en Série A avant un retour à la réalité qui les enverra jusqu'en série C2, dégringolade annoncée qui coïncide avec le départ de Zden
ěk Zeman à la Lazio puis à la Roma, où il amènera chaque saison son club aux cinq premières places du championnat, sans pour autant jamais pouvoir avoir le mérite d'accrocher à son mur un titre de champion d'Italie. C'est donc tout naturellement qu'il choisit de faire son retour sur les terrains en 2010 à Foggia, avant de mener Pescara à la série A et d'ajouter une troisième ligne à son palmarès. Et là est tout le paradoxe du monsieur. Car contrairement au nombre de clopes qu'il se fume chaque jour, ses titres glanés se comptent, eux, sur les doigts d'une main. Zeman n'a en effet rien de mieux à accrocher à son tableau de chasse que deux titres de série B et un titre de série C2. Avant tout adepte du football offensif, celui pour qui "perdre n'a jamais été une humiliation" recherche plus que d'être mondialement connu. Briller sur la scène européenne, c'est trop peu pour lui. Ce qu'il veut, c'est jouer au football, et surtout, avant toute chose, marquer.

Football Total


   C'est à se demander ce qui est, finalement, le plus atypique chez lui. Sa carrière qui l'a fait voyager de Messine à Lecce en passant par Salerne, Palerme, Naples ou Avellino, ou bien son style de jeu. Reconnu pour sa vision ultra offensive et technique du football, à aucun moment le natif de Prague n'a fait une croix sur ses convictions footballistiques, allant jusqu'à monter au front quand on lui demande de s'exprimer sur Mourinho, entraîneur jugé par beaucoup défensif lorsqu'il est à la tête de l'Inter: "C'est sur, avec lui, les tifosi nerrazurri ne verront jamais du beau jeu". Produire du jeu et offrir du spectacle est pour lui la priorité, avant les titres. S'inspirant du 4-3-3 mis en place par Rinus Michels à l'époque de l'âge d'or de l'ajax et du football hollandais qu'il a sublimé bien avant Cruyff et Guardiola, son jeu s'appuie avant tout sur un trio offensif à une pointe accompagnée par deux ailiers, toujours en mouvement et redoutablement efficace. De son système de jeu, ce sont encore ses anciens joueurs qui en parlent le mieux, comme l'explique le regretté Franco Mancini, qui occupa les cages de Foggia pendant la Zemanlandia: "Zeman n'avait qu'un seul mot à la bouche : l'attaque. Les attaquant devaient jouer très haut, les défenseurs se plaçaient sur la ligne médiane et même moi qui était gardien, je devais sortir sans cesse à trente mètres de mes buts. Personne ne savait comment nous jouer". Des exemples? Lors de la saison 2004-2005, il permet à Lecce d'accrocher une honorable 11ème place tout en finissant deuxième meilleur attaque de Série B, avec une ligne offensive composée, entre autres du jeune Mirko Vucinic. En 1991, alors fraîchement promu avec Foggia, il va finir meilleur attaque du championnat, bien que terminant à la neuvième place de Série A. Et vingt ans après, Zeman continue de prôner un football total. Avec lui cette année, Pescara inscrit la bagatelle de 90 buts, quand la deuxième meilleure attaque du championnat en compte 63. Ciro Immobile, 22 ans, finit meilleur buteur de Série B avec 28 buts, loin devant les autres. Ses deux coéquipiers d'attaque, Tavano et Sansovini occupent également le top 10, finissant respectivement avec 19 et 16 réalisations. Mais cette saison, la plus belle victoire de Zeman est surtout d'avoir révéler au grand jour le jeune Marco Verratti, milieu axial de 19 ans, pré-sélectionné par Prandelli pour l'euro, bien qu'ensuite raccompagné chez lui mais néanmoins promis à un brillant avenir. Un jeu porté vers l'attaque a cependant ses limites, qui plus est au pays du catenaccio et de la contre-attaque. Zeman a, avec Pescara, encaissé l'année dernière pas mois de 55 Buts. Le Torino, deuxième, n'en a concédé que 28.

Le retour à la Roma

   Toujours en quête de nouveaux défis, sans pour autant opter pour un quelconque dépaysement, Zdeněk zeman s'est vu confié il y a quelques jours le chantier laissé par Luis Enrique à la Roma, club qu'il a déjà connu de 1997 à 1999. L'occasion pour le grand public de découvrir enfin l'un des tacticiens les plus doués que le football n'est jamais connu. Et nul doute cependant qu'il ne changera quoi que ce soit dans sa manière d'aborder les matchs. Il sera néanmoins,cette fois-ci, dans l'obligation de faire gagner à la louve un titre, sentant derrière lui le souffle de quatre années de disette. Aussi, ce dernier retour est peut-être l'occasion pour Zeman d'être, à 64 ans, enfin reconnu à sa juste valeur comme l'un des entraîneurs les plus influents de ces 30 dernières années. Car comme le chante si bien Oxmo, "L'histoire oublie les héros, pas les vainqueurs".

mercredi 25 avril 2012

Barcelone-Chelsea


  

   Héroïques défensivement, mais également efficaces dans ses contre-attaques, les blues de Chelsea sont venus à bout d'un Barça en panne d'inspiration. La fin d'un cycle pour les hommes de Pep ?

Le barça, c'est plus ça

   L'impensable s'est produit. Il y a encore un mois, personne n'aurait parié un euro sur une élimination du barça en demi, et encore moins au dépend de Chelsea, tout juste orphelin de Villas-Boas. Pourtant favori, Barcelone n'a pas réussi à renverser la tendance du match aller. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé. Ils étaient d'ailleurs peu nombreux, ce qui hier, croyaient encore en l'équipe de Di Matteo après l'expulsion de Terry. Ils l'étaient encore moins après l'ouverture du score de Busquets et le break d'Iniesta. À ce moment là du match, tout laisse à penser que Chelsea va prendre une dérouillé. Et ce n'est pas Cech, auteur d'un sauvetage en face à face contre Messi sur une talonnade astucieuse de Fabregas, qui dira le contraire. Seulement voilà, les Blues n'ont pas les capacités techniques du barça et ils le savent. Et hier, Chelsea a fait ce qu'il fallait faire et s'est reposé sur ses armes, à savoir une défense de fer et un «fighting spirit» à l'anglaise, illustré par le coup de ciseau de Lampard sur Fabregas en deuxième mi-temps. Présent au milieu avec ses quatre centraux de métier (Mikel, Ramires, Lampard et Meireles) comme à Stamford Bridge, les londoniens ont occupé l'axe, défendu bas, et se sont projetés vers l'avant quand il le fallait, comme à l'aller. On ne change pas une équipe qui gagne. L'action qui amène la réduction du score en est le parfait exemple. Lampard joue le rôle de la rampe de lancement, en envoyant sur orbite un Ramires aux allures de sprinter jamaïcain. Cette fois tout seul, Ramires vient nous rappeler qu'il est bien brésilien, et ajuste Valdès d'un lob somptueux. 2-1 à la mi-temps, même Domenech ne croit pas une seconde à la qualification des Blues. Et pourtant, la seconde période est un remake du match aller. Les barcelonais ont la possession, mais n'y arrivent pas, même avec l'aide du destin. Où l'arbitre, c'est selon. Drogba fauche Fabregas dans la surface, Messi se charge de tirer le pénalty et prend le ballon, qui ira finalement s'écraser sur la barre. L'inquiétude se lit sur les visages catalans. Les encouragements répétés de Guardiola depuis le banc et les entrées en jeu de Tello et Keita en fin de match n'y changeront rien, ni même les 73% de possession. Cech rend une copie impeccable, et Torres, entré en cours de jeu, se charge d'aller crucifier Valdès dans les arrêts de jeu, empêchant les socios de croire à un renversement de situation dans les derniers instants du match, comme en 2009. Cette fois-ci, pas de fucking disgrace. C'est Chelsea qui l'emporte à la régulière.

La fin d'un cycle ?

   Beaucoup voient en cette défaite la fin d'un cycle, comme beaucoup voyaient en 2010 une passation de pouvoir, après l'élimination du barça par l'Inter en demi-finale de la ligue des champions. La suite on la connaît, les catalans avaient tout raflé en 2011. Et n'en déplaise à certains, c'est là encore ce qu'il risque de se passer. Car n'oublions pas que l'effectif du Barça a encore des années devant lui. Les Iniesta, Busquets, Messi et Piqué n'ont pas la trentaine, et sont loin d'avoir raccroché les crampons. Et la relève semble être là, bien qu'encore un peu tendre (on pense à Cuenca, Tello, Adriano ou encore Alcantara). Sans compter le retour de Villa pour l'année prochaine. Et si certains pensent que l'euro 2012 ne va pas aider les troupes du barça à se reposer, c'est trop vite oublier la performance de l'Espagne pendant la coupe du monde 2010. Comme le mondial n'a pas empêché les espagnols du barça de récupérer de la saison 2010, l'euro n'empêchera pas Xavi, Iniesta et consorts de récupérer avant le début de saison 2012/2013. Comme en NBA, c'est l'accumulation des matchs qui poussent les sportifs de haut-niveau à se dépasser. Deux ou trois arrivées bien choisies au mercato ne devrait cependant pas faire de mal à un banc du barça qui manque de profondeur. Quant au système de jeu basé sur la possession du ballon, tout le monde connaît ses limites, et tout le monde connaît la solution. Laisser les barcelonais écarter le jeu, occuper l'axe et défendre bas plutôt que sur l'homme pour boucher les intervalles. Di Matteo n'a fait que réitérer le schéma de jeu qu'avait mis en place Mourinho avec l'Inter en 2010 (Drogba, Eto'o, même combat) et a su profiter de l'efficacité et de la réussite de sa ligne offensive en contre-attaque, les blues n'ayant que trop rarement dépassé le milieu de terrain. Ajouter à cela l'absence de sérénité derrière, conséquence d'un Valdès trop peu sûr de lui (et surestimé ?) et de la sortie de Piqué, et vous obtenez les raisons de la qualification de Chelsea. Loin de là cependant l'idée de sous-estimer la performance des blues, qui n'en reste pas moins honorable, tant les londoniens se sont montrés solide défensivement, à l'image d'un Cahill en grande forme depuis le mois de janvier, et efficace offensivement, qui plus est à dix. Seulement, toutes les équipes ne pourront pas défendre comme l'a fait Chelsea hier et l'Inter il y a deux ans. Surtout, Xavi et Messi, bien en dessous de leur niveau lors des dernières prestations, ne seront pas toujours diminués. Ces derniers matchs soulignent néanmoins l'importance des deux maîtres à jouer au sein du système de jeu du barça. Avec ou sans Guardiola, avec ou sans Bielsa, il n'y a donc aucune raison pour que Barcelone change son système de jeu. Car comme le dit l'adage bien connu, « ce qui ne tue pas rend plus fort ».

lundi 23 avril 2012

Nikica Jelavic

   Débarqué d'Ecosse le dernier jour du mercato hivernal, Jelavic se la régale avec Everton. Déjà auteur de 8 buts en 12 matchs, le croate s'avère être l'une des bonnes surprises de cette fin de saison.


De Split à Vienne, en passant par Waregem





   Jelavic, c'est le genre de mec qui à première vue n'intéresse personne. Aucune anecdote et aucun fait d'arme digne de ce nom. Pour tout vous dire, sa page wikipédia affiche même une section biographie vide. Peu connu du grand public, Nikica a déjà 26 piges quand il signe chez les Toffees fin janvier, et n'a aucune expérience du très haut-niveau. Formé à Hajduk Split au même titre que Slaven Bilic ou Alen Boksic, où il inscrit 8 buts en 5 ans, le natif de Caplijna a du mal à se faire une place au sein de l'équipe type et va alors tenter l'étranger. Après un passage raté en Belgique, c'est finalement en Autriche que le joueur va se révéler. Arrivé en 2008 au Rapid Vienne, il va y laisser sa trace en y inscrivant la bagatelle de 43 buts en 95 matchs. Ses bonnes performances au niveau européen en C3 commencent à faire parler de lui, et le croate s'engage finalement chez les Rangers début 2011. Les choses s'accélèrent: Jelavic score à 16 reprises et contribue largement au titre des Light Blues. C'est même lui qui, la même année, offre la coupe d'écosse aux Rangers en inscrivant le but décisif durant les prolongations en finale face aux catholiques du Celtic dans un old firm des plus bouillants. Une pige d'un an en Ecosse suffit pour que le joueur croate prenne une nouvelle dimension. Moyes flaire le bon coup et le recrute en échange de 5,5 millions de livres.

La confirmation

   Car le manager d'Everton l'a bien compris, Jelavic c'est le type loin d'être exceptionnel, mais aussi très loin d'être maladroit face aux buts quand il s'agit de la mettre au fond. D'abord rarement utilisé, il va très vite se montrer régulier dans ses prestations et même parfois décisif, comme par exemple contre Tottenham où il inscrira le seul but de la rencontre. Auteur d'un doublé face à Norwich, il récidive face à Manchester United, permettant à ses coéquipiers d'arracher le nul dans les derniers instants du match. Précieux pour Everton depuis son arrivée, les statistiques parlent pour lui: Après 9 matchs de Premier League, le natif d'ex-Yougoslavie affiche déjà 6 réalisations à son compteur. Encore ? Depuis que le croate est titulaire à la pointe de l'attaque, les Blues ne perdent plus et sont sur une bonne série de 5 matchs sans défaite. Et si la comparaison peut en faire marrer certains, Moyes n'hésite pas à franchir le pas, en affirmant que Jelavic "lui rapelle Davor Suker". En pleine forme actuellement, il est cependant encore bien loin du niveau et des statistiques affolantes du recordman de buts en sélection croate et meilleur buteur du mondial 98. Olic étant vieillissant, Jelavic pourrait cependant se voir confier les clés de l'attaque croate pendant l'euro 2012. Et avec Modric à la baguette, nul doute qu'il aura toutes les cartes en main pour s'affirmer cet été, et pourquoi pas, se voir offrir l'opportunité de pouvoir évoluer dans un club plus prestigieux dans les années à venir.

lundi 12 mars 2012

L'OM intermittent

   Méconnaissable en championnat, l'Olympique de Marseille a la possibilité de sauver quelque peu sa saison demain. En déplacement à Milan, les phocéens n'ont besoin que d'un nul pour accéder aux quarts de finale de la ligue des champions. Une qualification qui arriverait à point nommé et permettrait de faire retomber la pression, ainsi que de faire oublier les dernières piètres prestations de l'OM.

Marseille en panne sèche

   L'Olympique de Marseille joue peut-être demain le match le plus important de sa saison. À la peine en championnat, ce sont des phocéens convalescents qui se déplacent à Milan. Car si les hommes de Deschamps restent sur trois victoires en champion's, et une prestation pleine d'efficacité face à l'Inter il y a trois semaines, ils sont au plus mal en ligue 1. Les marseillais ont enchaîné ce week-end un sixième match consécutif sans victoire, la dernière remontant au 29 janvier 2012 face au Stade Rennais. Des résultats inacceptables pour une équipe qui vise le haut de tableau, voire même impardonnables. Au point que les supporters en viennent à s'expliquer avec M'Bia sur la pelouse d'Ajaccio, après le coup de sifflet final et une nouvelle défaite 1 à 0. Plus que l'absence de résultats, c'est l'absence de jeu qui inquiète à la commanderie. Impuissant face à des équipes comme Brest, Valenciennes ou Evian qui luttent pour le maintien, les joueurs semblent avoir replongé dans le néant du début de saison. Ce même néant et cette incapacité à produire du jeu qui leur avait fait occuper la dernière place du championnat au lendemain de la sixième journée. Les marseillais sont donc dans l'obligation de se qualifier, demain, si ils veulent espérer sortir de cette spirale négative et opérer un retour au calme du côté de la Canebière. D'autant plus qu'en Ligue des Champions, ils réussissent plutôt bien cette année, se montrant insolent d'efficacité et de réalisme.

"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé"

   Il ne faut cependant pas aller bien loin pour expliquer pourquoi Marseille va si mal. Depuis la blessure de Loic Rémy, ses coéquipiers n'ont plus réussi à s'imposer en championnat. Pire encore, ils restent sur une série de quatre matchs sans marquer le moindre but. Car même si Brandao a montré de belles choses après son retour de prêt au Gremio, le brésilien est loin d'avoir les capacités qui permettent de pallier le trou laissé en attaque par l'absence d'un joueur comme Rémy. L'international français, en forme cette saison, a inscrit 9 buts, délivré trois passes décisives, et compte le même ratio buts/matchs joués qu'un joueur aussi décisif que Eden Hazard. Son entrée face à Ajaccio, même si il n'a pas pu faire la différence, en a donc rassuré plus d'un. Heureusement pour les marseillais, il sera présent sur la pelouse de Guiseppe Meazza, en compagnie d'un autre ancien blessé, Stéphane M'bia. Et quand on jette un oeil sur les dernières prestations de Diawara, on se dit qu'une titularisation du camerounais demain ne peut faire que du bien. Surtout que de l'autre côté des Alpes, l'Inter ressort tout juste la tête de l'eau. Les milanais sont allés s'imposer au chievo ce dimanche, mettant fin à une série de 6 matchs sans victoire en championnat. Les Interistes, qui occupent une piteuse septième place en Série A, sont donc remontés à la veille du match retour. La défense phocéenne aura fort à faire face au duo d'attaque Forlan-Milito. L'argentin, en pleine confiance et buteur à Vérone ce week-end, a récemment inscrit un quadruplé face à Palerme. Il Principe semble avoir retrouvé le niveau de jeu qui lui permettait d'enchaîner les bonnes performances et les buts en 2010. Sublimé par Mourinho, il avait inscrit un doublé en finale face au Bayern, permettant à l'Inter de remporter sa troisième ligue des champions.


   Pour ces deux équipes aux destins croisés qui n'ont plus que la ligue des champions pour briller, ce huitième de finale retour est le match le plus important de la saison. Une qualification en quart serait l'occasion de se racheter auprès des supporters, et suffirait à ramener le calme. Les phocéens, favoris, pourront, pour la confiance, se remémorer 2004. Egalement victorieux 1-0 à l'aller, ils étaient parvenus à aller s'imposer en Italie, sans Drogba et avec Sylvain N'Diaye, Abdoulaye Meité et Stephan Vachousek. Marseille a donc cette année toutes les chances d'y croire.

Les joueurs clés

Olympique de Marseille: Rémy, de retour de blessure, et N'Koulou, défensivement impérial depuis le début de la saison.
Inter de Milan: Sneijder, à tout moment capable d'un coup de génie, et Milito, auteur de 14 buts cette saison en série A.

samedi 3 mars 2012

Arsenal de guerre


   Arsenal, refait après sa victoire à l'Emirates face au voisin londonien de Tottenham le week end dernier, se déplace demain à Anfield. Pour les gunners comme pour Liverpool, la défaite apparaît comme interdite.


Un match de prestige

Liverpool et Arsenal réunis, c'est 31 titres de champion d'Angleterre, 10 Carling Cup, 27 Community Shield et 17 cup. Excusez du peu. C'est aussi des matchs d'anthologies qui ont souvent accouché de scénarios renversants (remember le 4-4 en 2009 et le quadruplé d'Arshavin pour son premier match en Premier League). Mais Liverpool et Arsenal cette année, c'est aussi et surtout un tas d'ambitions revues à la baisse. Les gunners tout d'abord. Le club de Londres voit sa place au sein du big four menacée suite aux bonnes performances des Spurs et depuis que les Citizens y ont tapé l'incruste. Une défaite et Chelsea repasserait devant en terme de points si jamais les blues venaient à s'imposer à West Brom. Newcastle pourrait même revenir à la hauteur des gunners en cas de victoire face à son meilleur ennemi, Sunderland, dimanche. Les compagnons de Van Persie qui espérait surement plus que ça en début de saison, notamment au vue de la forme de l'hollandais, étincelant cette année, se retrouvent à batailler pour accrocher une quatrième place synonyme de participation aux barrages pour l'accession en champion's league. Et pas la peine de préciser que si les gunners venaient à être absent du big four au terme du championnat, la saison d'Arsenal se résumerait à un véritable échec. Un big four que les cannoniers squattent depuis 1996. Sur le plan européen, pas mieux. Dépassés, Les protégés de Wenger ont pris une leçon de football à San Siro, rendant la qualification pour les quarts de la ligue des champions difficilement envisageable, voire impossible. Au moins, ces derniers peuvent dire qu'ils y participent, ce qui n'est pas le cas de tous. Une défaite demain est les reds pourraient même douter d'une prochaine participation en Europa League la saison prochaine. Absent du big four depuis maintenant deux saisons, Liverpool peine à retrouver son niveau qui lui avait permis d'attendre la deuxième place du championnat derrière Manchester United en 2009. Un temps où Torres scorait encore à coup de dix-sept buts par saison en championnat.

Le contexte 

Et c'est bien ça qu'il semble manquer à Liverpool cette année. Un joueur capable de faire la différence à tout moment, un leader derrière qui l'équipe puisse se rassembler. Gerrard, trop souvent blessé, n'a plus les épaules qui lui permettaient jadis de mener Liverpool vers les sommets. Carragher apparaît comme usé et semble avoir fait son temps au sein de la défense, donnant trop souvent cette saison l'image d'un mec dépassé par les évènements. L'anglais devrait tout de même être aligné ce week-end dans l'axe, en compagnie du slovaque Skrtel, profitant de la blessure d'Agger. Sinon, Henderson et Caroll ont du mal à assumer les 60 millions dépensé par le club pour s'approprier leurs services, bien que ce dernier, plus abonné aux pintes qu'aux buts cette année, semble s'affirmer petit à petit au sein de l'attaque des reds et retrouver le niveau qu'il lui avait permis de se révéler à Newcastle. Reste Suarez. Mais l'Uruguayen est autant capable de coups de génies que de pétages de plombs soudains. Son nom reflète presque à lui tout seul le sens du mot instabilité. Et concernant Kuyt, le hollandais ne fais pas l'unanimité pour Dalglish, de moins en moins aligné ces derniers temps. Guère mieux du côté des gunners. Rosicky, qui reste sur une performance de haut rang lors du dernier derby londonien, Vermaelen et surtout Van Persie sont incertains. Ces derniers devraient toutefois être présent sur le pré demain après-midi, bien que diminués à la suite de légères blessures. Wenger devra faire sans Ramsey et Wilshere au milieu. Il devra aussi se priver de Djourou et Mertesacker, l'allemand étant out pour le reste de la saison. Néanmoins, Diaby, soigné, devrait effectuer son retour sur le banc, ce dernier n'ayant participé qu'à un seul match de Premier League cette année.

Que faut-il attendre de ce match ? Arsenal, qui reste sur trois victoires consécutives en Premier League, semble partir avec un léger avantage. Et si les gunners pointent à la huitième place du classement à l'extérieur, ces derniers pourront toujours se rassurer en jetant un oeil du côté des performances de Liverpool à Anfield cette année. La bande à Dalglish n'a gagné que quatre fois à domicile. C'est moins que Norwich et Swansea, fraichement promu. C'est également autant que Blackburn, premier relégable. Attention tout de même, en cas de victoire, Liverpool reviendrait à quatre points d'Arsenal, et se rapprocherait d'une possible quatrième place, et par la même occasion d'une chance de disputer la champion's league l'année prochaine. Et après tout les moyens mis en oeuvre cette année, on imagine mal qu'une Carling cup gagné aux tirs aux buts face à Cardiff city puisse faire oublier une troisième année sans participation à la ligue des champions du côté des reds.

jeudi 23 février 2012

Où en est la ligue 1?

   Les journées de ligue 1 se succèdent, mais le suspense n'en reste pas moins entier. Derrière Montpellier et Paris, qui se disputent la tête du championnat, on assiste à une lutte acharnée des poursuivants, qui s'échangent les places qualificatives pour les différentes coupes européennes à mesure que le championnat avance. Ce championnat de France version 2011/2012 plus disputé que jamais est-il cependant le relief d'un championnat de qualité ?

Des journées passionnantes

Il est loin le temps où l'Olympique Lyonnais régnait en maître et sans pitié sur un championnat dépassé par la supériorité des gones. Loin le temps où Grégory Coupet soulevait pour la septième fois consécutive l'hexagoal, synonyme de septième titre d'affilé pour les rhodaniens. Le dernier d'une longue série qui avait vu le jour en 2002. Depuis, le championnat de France s'est emballé. Trois autres équipes sont venus s'ajouter au palmarès de la ligue 1, en autant d'années. Et cette année ne semble pas déroger à la règle. Si après la 24ème journée, un duo de tête composé de Montpellier et du Paris-Saint-Germain semble se dessiner, il n'en reste pas moins que le championnat de France n'a jamais été aussi ouvert. Derrière, pas moins de sept équipes, regroupées en neuf points, auront leur mot à dire tout au long de cette fin de championnat. Un peu à l'image d'un duo Schleck/Contador qui imposerait son rythme, suivi tant bien que mal par les Menchov, Basso, Vino et consorts. Car il faut bien le dire, devant, ça n'attend pas. Les parisiens et pailladins comptent après 24 journées chacun 15 victoires, quand le LOSC en comptait 12 l'année dernière, leader à la même époque. Résultat de ce suspense, chaque journée semble accoucher de son choc, ou du moins d'un match à six points. Et quand ces matchs terminent sur un nul, il est très rarement vierge. Les matchs entre cadors sont plus disputés que jamais (OM/OL 2-2, PSG/MHSC 2-2), les joueurs que l'on attend ne manque pas à l'appel (Rémy et Gomis Buteurs durant l'"olimpico", le match accompli de Giroud contre le PSG, la "déjà" complémentarité entre Hazard et Roux lors de LOSC/ASSE...).

La situation à l'étranger

On en viendrait presque à comparer la ligue 1 à la bundesliga en terme de suspense, affluence moyenne des spectateurs en moins (trois champions différents ces trois dernières années). La bundesliga, rappelons-le, dont de plus en plus de spécialistes n'hésite pas à louer la qualité lorsqu'il est question de s'exprimer sur le niveau footballistique outre-rhin. Et si finalement, elle était là la solution ? Juger un championnat sur sa capacité à nous maintenir en haleine tout au long de la saison ? Un argument qui ne se vérifie pas forcément lorsque l'on jette un regard de l'autre côté des Alpes. En série A, Palerme, huitième, pointent à huit points seulement du troisième, l'Udinese. Néanmoins, le football italien est en pleine crise (le président de la fédération a reçu récemment encore une attaque de la part d'Agnelli, président de la juve), les jeunes talents n'ont pas leur chance, les affluences des chocs diminuent chaque année, et l'Italie est obligé de se reposer sur ses vieux chevaux de guerre. Un exemple: La Juventus, qui peut remercier son portier de 34 ans, Buffon, pour avoir la meilleure défense de série A (Autre exemple: Abbiati au Milan AC, de même que tout l'effectif Galliorossi, vieillissant). La vieille dame peut également prier le ciel pour que Pirlo ne se blesse pas et continue à distiller des merveilles de passes et régaler le public du Juventus Stadium au fil des journées, sans lequel elle se retrouverait orpheline. C'est la même équipe qui a d'ailleurs préféré cette année aligner Pirlo plutôt que de laisser sa chance à Giovinco, éternel espoir (gaché?) âgé de 25 ans, allant de prêt en prêt et étant surement lassé d'attendre son heure. Rappelons aussi que le meilleur buteur du championnat s'appelle Di Natale, 34 ans, déjà sacré meilleur buteur en 2010 et 2011, sur lequel s'appuie Udinese depuis 2004. Dans cette situation, soulignons tout de même que Naples semble être l'exception qui confirme la règle, en alignant une équipe jeune et talentueuse et en vue de son parcours en ligue des champions. La qualité d'un championnat ne peut donc pas que se juger sur le suspense qu'il entreprend. Néanmoins, en terme d'espoir, la ligue 1 a également de belles cartes à jouer et de bons arguments à défendre.

En coupe d'europe

Autre élément de réponse : Les coupes d'europe. Elles apparaissent comme un bon révélateur lorsqu'il est question de parler de la qualité d'un championnat. Surtout, le résultat des clubs impliqués y détermine l'indice UEFA de leurs championnats et ainsi le nombre de places qualificatives pour les années à suivre. Et cette année, Force est de constater que les représentants de la ligue 1 font bonne figure. En huitième de finale de la ligue des champions, les deux équipes françaises qualifiées sont en ballottage favorable en attendant les matchs retours. Plus encore, deux, c'est autant d'équipes qui représentent la premier League, la liga et la bundesliga. Un de moins que la série A, certes, mais toujours un de plus que le championnat portugais, russe ou suisse. Et au vu des matchs allers, La ligue 1 pourrait bien être le seul championnat à avoir en quart deux équipes aligné. Chelsea, défait 3-1 à San Paolo, n'a en effet pas dit son dernier mot, et a toujours mieux évolué sous la pression, comme nous l'a montré Villas-Boas en début d'année (Après la défaite contre Liverpool 2-1 à domicile lors de la douzième journée, Le portugais était plus que jamais menacé. S'en était suivi trois victoires consécutives, dont deux contre Manchester City et Newcastle). Et si pour les lyonnais, certains peuvent y voir la chance du tirage, les marseillais en ont impressionné plus d'un hier en s'imposant sans concéder de buts à domicile (bien que contre un inter malade), fait important lors des phases finales aller-retour. Seul problème pour les clubs français en Europa League: Aucune des équipes françaises engagées cette année n'a atteint les seizièmes de finale. Un fait qui peut aussi s'expliquer par le manque de motivation qu'ont certaines équipes à jouer la compétition cadette de la coupe aux grandes oreilles. A noter que pas moins de trois clubs (l'Athletic Bilbao, le FC Valence et l'Atletico Madrid) représente la liga en Europa League. Et ces derniers ont encore toute leur chances d'accéder au huitièmes. Critiqué pour son manque de suspense, la liga compte tout de même un quart de son championnat encore en lice dans les compétitions européennes. Un autre point qui montre qu'on ne peut juger la qualité d'un championnat seulement par le critère du suspense.

Le championnat de France cette année se porte donc bien, on y voit l'éclosion et la confirmation d'espoirs et de joueurs de niveau international. Y voir évoluer des joueurs dont le salaire fait peur n'est plus un problème depuis l'arrivée des qataris. Néanmoins, malgré l'arrivé de ces derniers, ce championnat maintient en haleine, les équipes étant soucieuses d'élever leur niveau de jeu pour rivaliser avec le renouveau du PSG. Et en arrivant à garder au sein des frontières les espoirs du championnat, il ne serait pas surprenant qu'au fil des années, le championnat de France y gagne en notoriété.