jeudi 23 février 2012

Où en est la ligue 1?

   Les journées de ligue 1 se succèdent, mais le suspense n'en reste pas moins entier. Derrière Montpellier et Paris, qui se disputent la tête du championnat, on assiste à une lutte acharnée des poursuivants, qui s'échangent les places qualificatives pour les différentes coupes européennes à mesure que le championnat avance. Ce championnat de France version 2011/2012 plus disputé que jamais est-il cependant le relief d'un championnat de qualité ?

Des journées passionnantes

Il est loin le temps où l'Olympique Lyonnais régnait en maître et sans pitié sur un championnat dépassé par la supériorité des gones. Loin le temps où Grégory Coupet soulevait pour la septième fois consécutive l'hexagoal, synonyme de septième titre d'affilé pour les rhodaniens. Le dernier d'une longue série qui avait vu le jour en 2002. Depuis, le championnat de France s'est emballé. Trois autres équipes sont venus s'ajouter au palmarès de la ligue 1, en autant d'années. Et cette année ne semble pas déroger à la règle. Si après la 24ème journée, un duo de tête composé de Montpellier et du Paris-Saint-Germain semble se dessiner, il n'en reste pas moins que le championnat de France n'a jamais été aussi ouvert. Derrière, pas moins de sept équipes, regroupées en neuf points, auront leur mot à dire tout au long de cette fin de championnat. Un peu à l'image d'un duo Schleck/Contador qui imposerait son rythme, suivi tant bien que mal par les Menchov, Basso, Vino et consorts. Car il faut bien le dire, devant, ça n'attend pas. Les parisiens et pailladins comptent après 24 journées chacun 15 victoires, quand le LOSC en comptait 12 l'année dernière, leader à la même époque. Résultat de ce suspense, chaque journée semble accoucher de son choc, ou du moins d'un match à six points. Et quand ces matchs terminent sur un nul, il est très rarement vierge. Les matchs entre cadors sont plus disputés que jamais (OM/OL 2-2, PSG/MHSC 2-2), les joueurs que l'on attend ne manque pas à l'appel (Rémy et Gomis Buteurs durant l'"olimpico", le match accompli de Giroud contre le PSG, la "déjà" complémentarité entre Hazard et Roux lors de LOSC/ASSE...).

La situation à l'étranger

On en viendrait presque à comparer la ligue 1 à la bundesliga en terme de suspense, affluence moyenne des spectateurs en moins (trois champions différents ces trois dernières années). La bundesliga, rappelons-le, dont de plus en plus de spécialistes n'hésite pas à louer la qualité lorsqu'il est question de s'exprimer sur le niveau footballistique outre-rhin. Et si finalement, elle était là la solution ? Juger un championnat sur sa capacité à nous maintenir en haleine tout au long de la saison ? Un argument qui ne se vérifie pas forcément lorsque l'on jette un regard de l'autre côté des Alpes. En série A, Palerme, huitième, pointent à huit points seulement du troisième, l'Udinese. Néanmoins, le football italien est en pleine crise (le président de la fédération a reçu récemment encore une attaque de la part d'Agnelli, président de la juve), les jeunes talents n'ont pas leur chance, les affluences des chocs diminuent chaque année, et l'Italie est obligé de se reposer sur ses vieux chevaux de guerre. Un exemple: La Juventus, qui peut remercier son portier de 34 ans, Buffon, pour avoir la meilleure défense de série A (Autre exemple: Abbiati au Milan AC, de même que tout l'effectif Galliorossi, vieillissant). La vieille dame peut également prier le ciel pour que Pirlo ne se blesse pas et continue à distiller des merveilles de passes et régaler le public du Juventus Stadium au fil des journées, sans lequel elle se retrouverait orpheline. C'est la même équipe qui a d'ailleurs préféré cette année aligner Pirlo plutôt que de laisser sa chance à Giovinco, éternel espoir (gaché?) âgé de 25 ans, allant de prêt en prêt et étant surement lassé d'attendre son heure. Rappelons aussi que le meilleur buteur du championnat s'appelle Di Natale, 34 ans, déjà sacré meilleur buteur en 2010 et 2011, sur lequel s'appuie Udinese depuis 2004. Dans cette situation, soulignons tout de même que Naples semble être l'exception qui confirme la règle, en alignant une équipe jeune et talentueuse et en vue de son parcours en ligue des champions. La qualité d'un championnat ne peut donc pas que se juger sur le suspense qu'il entreprend. Néanmoins, en terme d'espoir, la ligue 1 a également de belles cartes à jouer et de bons arguments à défendre.

En coupe d'europe

Autre élément de réponse : Les coupes d'europe. Elles apparaissent comme un bon révélateur lorsqu'il est question de parler de la qualité d'un championnat. Surtout, le résultat des clubs impliqués y détermine l'indice UEFA de leurs championnats et ainsi le nombre de places qualificatives pour les années à suivre. Et cette année, Force est de constater que les représentants de la ligue 1 font bonne figure. En huitième de finale de la ligue des champions, les deux équipes françaises qualifiées sont en ballottage favorable en attendant les matchs retours. Plus encore, deux, c'est autant d'équipes qui représentent la premier League, la liga et la bundesliga. Un de moins que la série A, certes, mais toujours un de plus que le championnat portugais, russe ou suisse. Et au vu des matchs allers, La ligue 1 pourrait bien être le seul championnat à avoir en quart deux équipes aligné. Chelsea, défait 3-1 à San Paolo, n'a en effet pas dit son dernier mot, et a toujours mieux évolué sous la pression, comme nous l'a montré Villas-Boas en début d'année (Après la défaite contre Liverpool 2-1 à domicile lors de la douzième journée, Le portugais était plus que jamais menacé. S'en était suivi trois victoires consécutives, dont deux contre Manchester City et Newcastle). Et si pour les lyonnais, certains peuvent y voir la chance du tirage, les marseillais en ont impressionné plus d'un hier en s'imposant sans concéder de buts à domicile (bien que contre un inter malade), fait important lors des phases finales aller-retour. Seul problème pour les clubs français en Europa League: Aucune des équipes françaises engagées cette année n'a atteint les seizièmes de finale. Un fait qui peut aussi s'expliquer par le manque de motivation qu'ont certaines équipes à jouer la compétition cadette de la coupe aux grandes oreilles. A noter que pas moins de trois clubs (l'Athletic Bilbao, le FC Valence et l'Atletico Madrid) représente la liga en Europa League. Et ces derniers ont encore toute leur chances d'accéder au huitièmes. Critiqué pour son manque de suspense, la liga compte tout de même un quart de son championnat encore en lice dans les compétitions européennes. Un autre point qui montre qu'on ne peut juger la qualité d'un championnat seulement par le critère du suspense.

Le championnat de France cette année se porte donc bien, on y voit l'éclosion et la confirmation d'espoirs et de joueurs de niveau international. Y voir évoluer des joueurs dont le salaire fait peur n'est plus un problème depuis l'arrivée des qataris. Néanmoins, malgré l'arrivé de ces derniers, ce championnat maintient en haleine, les équipes étant soucieuses d'élever leur niveau de jeu pour rivaliser avec le renouveau du PSG. Et en arrivant à garder au sein des frontières les espoirs du championnat, il ne serait pas surprenant qu'au fil des années, le championnat de France y gagne en notoriété.