lundi 12 mars 2012

L'OM intermittent

   Méconnaissable en championnat, l'Olympique de Marseille a la possibilité de sauver quelque peu sa saison demain. En déplacement à Milan, les phocéens n'ont besoin que d'un nul pour accéder aux quarts de finale de la ligue des champions. Une qualification qui arriverait à point nommé et permettrait de faire retomber la pression, ainsi que de faire oublier les dernières piètres prestations de l'OM.

Marseille en panne sèche

   L'Olympique de Marseille joue peut-être demain le match le plus important de sa saison. À la peine en championnat, ce sont des phocéens convalescents qui se déplacent à Milan. Car si les hommes de Deschamps restent sur trois victoires en champion's, et une prestation pleine d'efficacité face à l'Inter il y a trois semaines, ils sont au plus mal en ligue 1. Les marseillais ont enchaîné ce week-end un sixième match consécutif sans victoire, la dernière remontant au 29 janvier 2012 face au Stade Rennais. Des résultats inacceptables pour une équipe qui vise le haut de tableau, voire même impardonnables. Au point que les supporters en viennent à s'expliquer avec M'Bia sur la pelouse d'Ajaccio, après le coup de sifflet final et une nouvelle défaite 1 à 0. Plus que l'absence de résultats, c'est l'absence de jeu qui inquiète à la commanderie. Impuissant face à des équipes comme Brest, Valenciennes ou Evian qui luttent pour le maintien, les joueurs semblent avoir replongé dans le néant du début de saison. Ce même néant et cette incapacité à produire du jeu qui leur avait fait occuper la dernière place du championnat au lendemain de la sixième journée. Les marseillais sont donc dans l'obligation de se qualifier, demain, si ils veulent espérer sortir de cette spirale négative et opérer un retour au calme du côté de la Canebière. D'autant plus qu'en Ligue des Champions, ils réussissent plutôt bien cette année, se montrant insolent d'efficacité et de réalisme.

"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé"

   Il ne faut cependant pas aller bien loin pour expliquer pourquoi Marseille va si mal. Depuis la blessure de Loic Rémy, ses coéquipiers n'ont plus réussi à s'imposer en championnat. Pire encore, ils restent sur une série de quatre matchs sans marquer le moindre but. Car même si Brandao a montré de belles choses après son retour de prêt au Gremio, le brésilien est loin d'avoir les capacités qui permettent de pallier le trou laissé en attaque par l'absence d'un joueur comme Rémy. L'international français, en forme cette saison, a inscrit 9 buts, délivré trois passes décisives, et compte le même ratio buts/matchs joués qu'un joueur aussi décisif que Eden Hazard. Son entrée face à Ajaccio, même si il n'a pas pu faire la différence, en a donc rassuré plus d'un. Heureusement pour les marseillais, il sera présent sur la pelouse de Guiseppe Meazza, en compagnie d'un autre ancien blessé, Stéphane M'bia. Et quand on jette un oeil sur les dernières prestations de Diawara, on se dit qu'une titularisation du camerounais demain ne peut faire que du bien. Surtout que de l'autre côté des Alpes, l'Inter ressort tout juste la tête de l'eau. Les milanais sont allés s'imposer au chievo ce dimanche, mettant fin à une série de 6 matchs sans victoire en championnat. Les Interistes, qui occupent une piteuse septième place en Série A, sont donc remontés à la veille du match retour. La défense phocéenne aura fort à faire face au duo d'attaque Forlan-Milito. L'argentin, en pleine confiance et buteur à Vérone ce week-end, a récemment inscrit un quadruplé face à Palerme. Il Principe semble avoir retrouvé le niveau de jeu qui lui permettait d'enchaîner les bonnes performances et les buts en 2010. Sublimé par Mourinho, il avait inscrit un doublé en finale face au Bayern, permettant à l'Inter de remporter sa troisième ligue des champions.


   Pour ces deux équipes aux destins croisés qui n'ont plus que la ligue des champions pour briller, ce huitième de finale retour est le match le plus important de la saison. Une qualification en quart serait l'occasion de se racheter auprès des supporters, et suffirait à ramener le calme. Les phocéens, favoris, pourront, pour la confiance, se remémorer 2004. Egalement victorieux 1-0 à l'aller, ils étaient parvenus à aller s'imposer en Italie, sans Drogba et avec Sylvain N'Diaye, Abdoulaye Meité et Stephan Vachousek. Marseille a donc cette année toutes les chances d'y croire.

Les joueurs clés

Olympique de Marseille: Rémy, de retour de blessure, et N'Koulou, défensivement impérial depuis le début de la saison.
Inter de Milan: Sneijder, à tout moment capable d'un coup de génie, et Milito, auteur de 14 buts cette saison en série A.

samedi 3 mars 2012

Arsenal de guerre


   Arsenal, refait après sa victoire à l'Emirates face au voisin londonien de Tottenham le week end dernier, se déplace demain à Anfield. Pour les gunners comme pour Liverpool, la défaite apparaît comme interdite.


Un match de prestige

Liverpool et Arsenal réunis, c'est 31 titres de champion d'Angleterre, 10 Carling Cup, 27 Community Shield et 17 cup. Excusez du peu. C'est aussi des matchs d'anthologies qui ont souvent accouché de scénarios renversants (remember le 4-4 en 2009 et le quadruplé d'Arshavin pour son premier match en Premier League). Mais Liverpool et Arsenal cette année, c'est aussi et surtout un tas d'ambitions revues à la baisse. Les gunners tout d'abord. Le club de Londres voit sa place au sein du big four menacée suite aux bonnes performances des Spurs et depuis que les Citizens y ont tapé l'incruste. Une défaite et Chelsea repasserait devant en terme de points si jamais les blues venaient à s'imposer à West Brom. Newcastle pourrait même revenir à la hauteur des gunners en cas de victoire face à son meilleur ennemi, Sunderland, dimanche. Les compagnons de Van Persie qui espérait surement plus que ça en début de saison, notamment au vue de la forme de l'hollandais, étincelant cette année, se retrouvent à batailler pour accrocher une quatrième place synonyme de participation aux barrages pour l'accession en champion's league. Et pas la peine de préciser que si les gunners venaient à être absent du big four au terme du championnat, la saison d'Arsenal se résumerait à un véritable échec. Un big four que les cannoniers squattent depuis 1996. Sur le plan européen, pas mieux. Dépassés, Les protégés de Wenger ont pris une leçon de football à San Siro, rendant la qualification pour les quarts de la ligue des champions difficilement envisageable, voire impossible. Au moins, ces derniers peuvent dire qu'ils y participent, ce qui n'est pas le cas de tous. Une défaite demain est les reds pourraient même douter d'une prochaine participation en Europa League la saison prochaine. Absent du big four depuis maintenant deux saisons, Liverpool peine à retrouver son niveau qui lui avait permis d'attendre la deuxième place du championnat derrière Manchester United en 2009. Un temps où Torres scorait encore à coup de dix-sept buts par saison en championnat.

Le contexte 

Et c'est bien ça qu'il semble manquer à Liverpool cette année. Un joueur capable de faire la différence à tout moment, un leader derrière qui l'équipe puisse se rassembler. Gerrard, trop souvent blessé, n'a plus les épaules qui lui permettaient jadis de mener Liverpool vers les sommets. Carragher apparaît comme usé et semble avoir fait son temps au sein de la défense, donnant trop souvent cette saison l'image d'un mec dépassé par les évènements. L'anglais devrait tout de même être aligné ce week-end dans l'axe, en compagnie du slovaque Skrtel, profitant de la blessure d'Agger. Sinon, Henderson et Caroll ont du mal à assumer les 60 millions dépensé par le club pour s'approprier leurs services, bien que ce dernier, plus abonné aux pintes qu'aux buts cette année, semble s'affirmer petit à petit au sein de l'attaque des reds et retrouver le niveau qu'il lui avait permis de se révéler à Newcastle. Reste Suarez. Mais l'Uruguayen est autant capable de coups de génies que de pétages de plombs soudains. Son nom reflète presque à lui tout seul le sens du mot instabilité. Et concernant Kuyt, le hollandais ne fais pas l'unanimité pour Dalglish, de moins en moins aligné ces derniers temps. Guère mieux du côté des gunners. Rosicky, qui reste sur une performance de haut rang lors du dernier derby londonien, Vermaelen et surtout Van Persie sont incertains. Ces derniers devraient toutefois être présent sur le pré demain après-midi, bien que diminués à la suite de légères blessures. Wenger devra faire sans Ramsey et Wilshere au milieu. Il devra aussi se priver de Djourou et Mertesacker, l'allemand étant out pour le reste de la saison. Néanmoins, Diaby, soigné, devrait effectuer son retour sur le banc, ce dernier n'ayant participé qu'à un seul match de Premier League cette année.

Que faut-il attendre de ce match ? Arsenal, qui reste sur trois victoires consécutives en Premier League, semble partir avec un léger avantage. Et si les gunners pointent à la huitième place du classement à l'extérieur, ces derniers pourront toujours se rassurer en jetant un oeil du côté des performances de Liverpool à Anfield cette année. La bande à Dalglish n'a gagné que quatre fois à domicile. C'est moins que Norwich et Swansea, fraichement promu. C'est également autant que Blackburn, premier relégable. Attention tout de même, en cas de victoire, Liverpool reviendrait à quatre points d'Arsenal, et se rapprocherait d'une possible quatrième place, et par la même occasion d'une chance de disputer la champion's league l'année prochaine. Et après tout les moyens mis en oeuvre cette année, on imagine mal qu'une Carling cup gagné aux tirs aux buts face à Cardiff city puisse faire oublier une troisième année sans participation à la ligue des champions du côté des reds.