samedi 1 novembre 2014

Benoît Cheyrou, homme de l'ombre

Laissé à l'écart du groupe professionnel par Marcelo Bielsa depuis l'arrivée de l'Argentin à la commanderie cet été, Benoît Cheyrou s'est finalement entendu avec l'Olympique de Marseille pour mettre fin à son contrat. Après huit saisons passées au club, le natif des Hauts-de-Seine s'en va comme à son habitude, sans faire de bruit.



Depuis la prise de commande de l'équipe par Marcelo Bielsa et la redistribution des rôles qui va avec, il en était réduit à vouloir devenir l'un des meilleurs joueurs français de padel, un sport de raquette proche du tennis, la notoriété en moins. Car si pour certains, l'arrivée d'un nouvel entraîneur sonne comme l'occasion de retrouver une place de titulaire au sein d'un système nouveau, elle est aussi pour d'autres synonyme de mise au placard. Benoît Cheyrou, lui, appartenait depuis août à la deuxième catégorie. Après huit saisons à défendre sa place au sein du onze titulaire olympien, l'ancien Auxerrois, du haut de ses 33 ans, semblait avoir déposé les armes en acceptant sa situation et son statut de joueur libre de partir. À l'inverse des années précédentes, le milieu axial, dont le salaire approchait tout de même les 2,5 millions d'euros annuels, se complaisait même dans celle-ci.

Benoît VII 

Aucune déclaration dans les médias semblable à celle de la reprise de la saison en 2008, lorsque le Lion de Rekem Éric Gerets, entraîneur de l'Olympique de Marseille à l'époque, avait jugé la condition physique du cadet des frères Cheyrou trop juste pour qu'il puisse prétendre à une place de titulaire. Le numéro 7 olympien avait lui assuré qu'il se sentait « bien, apte à jouer» suite à une rencontre face à Rennes débutée sur le banc. De la même manière qu'il avait dû batailler ferme lorsque Didier Deschamps, alors à la tête de l'équipe, avait déclaré en août, après l'année du titre, qu'il ne comptait pas sur lui pour la saison à venir. Alors que Benoît Cheyrou sortait d'une saison 2009/2010 pleine qui lui avait permis de finir dans l'équipe type du championnat de France pour la troisième fois consécutive. Quelques mois auparavant, l'ancien capitaine des espoirs frappait même aux portes de l'équipe de France. Trois ans plus tard pourtant, sous Elie Baup et malgré un début d'année 2013 commencé sur le banc, le vainqueur de la Coupe de France 2005 avec l'AJA était toujours là pour faire profiter l'équipe de son expérience. Un exercice 2012/2013 qui l'avait vu, pour la première fois depuis sept saisons, descendre sous la barre des 30 matches de Ligue 1 disputés en une saison (25). Au terme de plusieurs mois de négociations avec le président qui n'auront mené à rien, Benoît Cheyrou a finalement abdiqué, conscient qu'il était de trop dans cet effectif olympien jeune tourné vers l'avenir qui n'aspire qu'à retrouver les sommets.

Bonnart, Isabey, Barbosa, et Cheyrou 

Car Benoît Cheyrou n'a rien d'un joueur moderne. Il demeure même l'un des rares encore estampillé « Division 1 », de la trempe des Michaël Isabey, Sylvain Kastendeuch, Ulrich Le pen, Cédric Barbosa ou encore Laurent Bonnart, qu'il a côtoyé à l'Olympique de Marseille. Ces baroudeurs qui ont tous au moins une fois porté le brassard de capitaine dans leurs clubs respectifs et dont le nombre de matches disputés au sein de l'élite se compte en centaines. Ces anciens, incapables à eux seuls de faire basculer le sort d'une rencontre, mais qui se contentent de faire le travail. Et qui le font correctement. À l'Olympique de Marseille, Benoît Cheyrou se sera donc appliqué à faire les choses bien, jusqu'à devenir un joueur essentiel de l'équipe lorsqu'il était au sommet de sa forme. Capable de distribuer des caviars à son pote Gignac, mais aussi de marquer, comme ce fut le cas lors de toutes les saisons qu'il a passé en Ligue 1. Reste désormais à savoir si l'avenir de l'ancien olympien se fera en Ligue 2, à Châteauroux ou à Dijon, ou bien sur les terrains de padel. Une chose est cependant certaine, il s'écrira dans l'ombre.

dimanche 5 octobre 2014

Danny le rouge


Débarqué cet été à Arsenal en échange de 20 millions d'euros, Danny Welbeck ne fait pas encore l'unanimité sous les couleurs des Gunners, qui lui reprochent son manque d'efficacité. Néanmoins pour l'ancien joueur de Manchester United, la tendance pourrait vite s'inverser.


Thierry Henry, Nicklas Bendtner, et maintenant Danny Welbeck. Depuis le premier triplé de sa carrière inscrit face à Galatasaray en Coupe d'Europe, l'international anglais fait désormais partie du cercle très fermé des attaquants d'Arsenal à avoir scoré à trois reprises en une rencontre de ligue des champions. Une performance qui, outre le fait de se voir comparé à tort avec le meilleur buteur de l'histoire du club, Titi Henry himself, a permis à l'international anglais de prouver aux supporters des Gunners qu'il en avait assez sous le capot pour répondre aux attentes des siens et faire ce qu'on lui demande : la mettre au fond. Car s'il est encore très loin des 226 buts inscrits par le King Henry, Welbeck a au moins su faire preuve d’efficacité lors de la seconde sortie d’Arsenal en Ligue des Champions cette saison, au moment de se présenter face au portier uruguayen Muslera. Une réussite qui le fuyait trop souvent depuis son arrivé à l'Emirates, notamment comme lors de son match face à Manchester City ou Tottenham, où le joueur des three lions avait échoué à se montrer décisif.


9 buts en 25 rencontres de Premier League


Surtout, ces trois buts ont permis au joueur le plus eighties de l'albion d'entendre son nom scandé par le public londonien, acquis à sa cause lors de la rencontre contre les turcs d'Istanbul. Des fans qui commençaient clairement à trouver suspect le choix d'Arsène Wenger d'avoir signé dans les derniers minutes du mercato un attaquant dont le plus grand fait d'arme reste d'avoir inscrit 9 buts en 25 rencontres de Premier League la saison passée, quant eux s'attendaient à voir évoluer sous leurs couleurs une pointe de l'acabit de Falcao ou même Loïc Rémy. Sauf que pour l'Alsacien, ce transfert est tout sauf un choix par défaut, lui qui est d'ailleurs le premier à monter au créneau quand il s'agit de défendre les prestations pas vraiment convaincantes de son attaquant. « Il va s'améliorer. Pas besoin d'en faire un problème. Il a fait une bonne première demi-heure avec deux ou trois occasions qu'il n'a pas concrétisé... Il faut être patient avec lui » avait alors lancé Tonton Arsène en zone mixte après la défaite concédée 2-0 face au Borussia en ouverture de la champion's.


Welbeck/Sturridge, même combat



Reste donc aux Gunners à ronger leur frein en attendant l'éclosion du mancunien. Une patience que n'auront pas eu les dirigeants américains de Manchester United, préférant débourser des sommes folles afin d'acquérir des top players comme Di Maria plutôt qu'oser pour un pari sur l'avenir, histoire de se donner l'assurance de retrouver au plus vite les joutes européennes. Et au fond, Arsenal a tout à y gagner. Car à l'instar de Sturridge à Liverpool, le natif de Manchester pourrait bien prendre la même trajectoire que celle de son aîné de deux ans. Après quatre ans passés sous les couleurs de Chelsea et une saison à 11 buts en 30 matchs, l'autre Daniel fait aujourd'hui le bonheur des Reds, au sein d'un collectif où il s'est affirmé comme le futur buteur providentiel du club de la Mersey, marquant à 22 reprises lors du dernier championnat d'Angleterre. À Danny Welbeck désormais de trouver sa place au sein d'une équipe dans laquelle on lui permet enfin d'exister, et de prouver qu'il peut lui aussi, comme son compagnon d'attaque en sélection, s'imposer comme l'un des meilleurs attaquants du royaume du haut de ses 23 ans. De façon à pouvoir entendre son nom résonner dans les travées de l'Emirates Stadium encore quelques temps.